Assemblée générale 2026

Le mot du président à venir

Le dernier mot du Président

Voilà 25 ans que chaque printemps, je me penche sur une feuille blanche pour essayer de retracer les aléas de l’hiver écoulé avec un peu de recul.  Chaque hiver alimente les discussions, il a ses particularités, ses temps forts et de plus en plus souvent ses espoirs déçus. Il faut régulièrement évaluer le travail accompli et envisager les ajustements nécessaires, car il existe toujours une marge de progression.

Réflexion autour d’un hiver 25/26 dans la norme

Ce titre un peu provocateur, indique seulement que l’hiver écoulé s’inscrit dans la logique des hivers actuels et probablement futurs. La réalité du terrain confirme ce que les données scientifiques prédisaient. Donc, schématiquement l’hiver standard, c’est une crachée de neige en avant saison, un redoux vers la fin décembre, un retour de la neige à la mi-janvier, avec une alternance froide et redoux jusqu’en fin de saison. Ce qui n’exclut pas quelques belles journées de ski en fin de saison !

Voilà le nouveau standard avec lequel il faut compter, mais surtout auquel, il faut s’adapter. Adaptation du côté des Centres nordiques mais aussi adaptation, du côté des skieurs. Ce scénario parle surtout pour les Centres, dont les réseaux de pistes se situent autour des 1000m d’altitude. Hier, paradis du ski de fond, ils sont aujourd’hui en sursis, menacés de disparition dans leur forme actuelle. Ils se voient aujourd’hui, contraints de réduire leurs ambitions et leurs activités. En effet, il est difficilement imaginable de maintenir des réseaux de pistes qui ne sont praticables qu’une petite dizaine de jours par hiver. En effet, l’énergie déployée devient disproportionnée par rapport aux jours d’ouverture.  

Le ski de fond actuel s’est construit en relevant successivement une série de défis. Il y a eu l’ère des pionniers avec la création des premières pistes, suivie d’une longue phase de densification des réseaux. Puis, le ski de fond a pris un nouveau visage avec l’arrivée de nouvelles générations d’engins de damage. Au milieu des années 1980, le skating a nécessité une remise en question des pratiques et une inévitable adaptation.

Aujourd’hui, à la manière d’un glacier qui se retire, le ski de fond entre incontestablement, dans une phase de redimensionnement, avec la grande question : comment maintenir un ski de fond attractif avec les données climatiques actuelles ? Si, les nostalgiques vont s’accrocher au classique « c’était mieux avant », les nouvelles générations de skieurs vont prendre ce qu’on va leur proposer.

Chaque région, en fonction de ses spécificités est appelée à repenser ses pistes en termes d’altitude et de microclimat afin de rester crédible. En effet, il est préférable, pour une région, d’avoir quelques sites ski de fond, dynamiques plutôt que de faire miroiter un vaste réseau moribond, rarement ouvert. Le fait de passer à un kilométrage réduit de pistes, n’est pas   synonyme de démission des Centres concernés mais plutôt signe de réalisme et de lucidité. L’avenir va donc probablement conduire le ski de fond vers une concentration des skieurs sur des espaces moins nombreux et sur des réseaux moins étendus.

Aujourd’hui, les premières neiges font la une des journaux. Les sorties à ski deviennent des moments privilégiés. En effet, il faut jongler pour se libérer lorsque la neige est là.  Actuellement, le nombre des skieurs de fond n’est pas en chute libre.  

Mais, ces derniers hivers, le skieur moyen chausse moins souvent ses lattes. Cette érosion des journées de ski va inévitablement, au fil du temps, avoir des répercussions négatives sur les finances des Centres. Dans ce contexte de décroissance, les cartes annuelles risquent de perdre de leur attractivité, ce qui constitue un autre point de réflexion.

Pour en revenir à la saison écoulée, l’hiver s’est joué sur les hauteurs.  Au final, on relève, par exemple, 137 jours skiables aux Mosses,  96 aux Rasses, ou encore 86 du côté de La Vue des Alpes, ce qui témoigne d’un relativement bon hiver. Moins chanceuses, les régions avoisinant les 1000m d’altitude, enregistrent des chiffres nettement moins encourageants, avec par exemple, une bonne vingtaine de jours de ski aux Breuleux, une quinzaine de jours dans La Vallée de La Brévine et seulement 10 jours au Mollendruz. 

Les statistiques ne sont pas seulement là pour faire peur mais surtout pour aider les Centres à choisir les bonnes orientations. Mais, il faudra toujours des personnes motivées, un peu visionnaires si possible, pour emmener le ski de fond sur les pistes du futur !

Un hiver olympique avec des Suissesses sur le devant de la scène

Les grands rendez-vous olympiques constituent toujours une belle vitrine pour le ski de fond, surtout lorsque des athlètes suisses se mettent en évidence. Ainsi, le ski de fond féminin suisse a vécu une édition olympique historique, au-delà des espérances, marquée par des performances exceptionnelles. Nadja Kälin, médaille de bronze lors du 50km,  devient la première Suissesse à remporter une médaille individuelle aux JO en ski de fond. De plus, associée à Nadine Fähndrich, elle s’est parée d’argent lors du team sprint.

Côté romand, les cadres de SwissSki comptaient 7 représentants en ce début de saison. A relever la fin de carrière de Candide Pralong qui, après quinze saisons passées au plus haut niveau, a tourné la page en cette fin d’hiver.  Les autres membres des cadres appartiennent à la jeune garde montante du ski de fond, et aucun n’a pu monter à bord du train olympique.   Mais, ils ont enchaîné, très logiquement, phases de progression et phases de stabilisation, pour se rapprocher du plus haut niveau. Ils et elles ont pour noms : Antonin Savary, Ilan Pittier, Pierrick Cottier, Wilma Lauenstein, Nolan Gertsch et Victor Gailland. 

Chez les plus jeunes, ils sont plusieurs à avoir brillé cet hiver sur les circuits de compétitions, à l’exemple de Milla Pittier, Elias Besson, James Pacal ou encore Paul Stalder, côté biathlon.    

Derrière ces jeunes skieurs prometteurs, d’autres suivent la même piste au sein des structures sport étude. Il est réjouissant de voir ces jeunes Romands qui s’engagent sur les pistes sinueuses et difficiles de la compétition. Ils sont inspirants pour tous les pratiquants de ski de fond.

Le sponsoring plus précieux que jamais 

Une chose est sûre, les standards de qualité actuels, demandent de plus en plus de professionnalisme au niveau de la préparation des pistes et de l’information. A l’heure où les rentrées financières pourraient baisser suite à la diminution des journées skiables, le sponsoring constitue un soutien bienvenu, qu’il s’agit de préserver. Pour cela, il importe que chaque Centre respecte bien les règles du jeu.

A ce niveau, pour la saison qui s’achève, Certina a poursuivi son soutien à RSF et Swica est arrivé comme nouveau sponsor en remplacement d’Helvetia, qui s’éloigne un peu du ski de fond pour se tourne vers des disciplines plus funs !

Avenir et solidarité

A l’heure où le ski de fond traverse une phase de redimensionnement forcé, ces deux mots mis côte à côte, méritent quelques éclaircissements. Ils ne signifient pas, aide et soutien à tout prix, mais soutien ciblé à des projets susceptibles d’apporter une plus-value au ski de fond. En effet, il est vain de s’acharner à soutenir des projets qui n’offrent pas de perspectives favorables dans un futur proche. La difficulté consiste donc à trouver les critères les plus objectifs possibles pour décider des projets qui méritent d’être soutenus.

Passage de témoin…

Comme annoncé le printemps dernier, Jérémy Huguenin a siégé au sein du Comité RSF, durant la saison écoulée.Il a pu se faire une idée du fonctionnement actuel du comité de notre association si

bien qu’il peut aborder son mandat sereinement. La transition présidentielle est donc assurée !

Entré au Comité de RSF au printemps 92, j’ai mis 9 bonnes années pour essayer de comprendre les rouages de l mystérieuse association CRSN, bien orchestrée par les gourous de l’époque, Claude Putallaz et Franz Sidler.

Puis, en mai 2001 j’ai été poussé à sa présidence, pour un long bail de 25 ans qui prend fin aujourd’hui ! 25 ans d’aventure, de réflexion et de travail mais aussi 25 ans de bons moments avec une équipe de personnes compétentes, acquises à la cause du ski de fond. 

A l’heure de remettre mon mandat, pas de nostalgie, juste le sentiment d’avoir apporté quelques pierres à l’édifice. Mais surtout, je me rends compte que les années ont passé vite, que le ski de fond, contrairement à moi, n’a pas pris une ride.

Les dossiers se sont succédés, plus ou moins motivants, plus ou moins urgents, plus ou moins drôles. Peu de temps morts, à peine un dossier prenait-il fin qu’un autre, tout aussi important, pointait à l’horizon. En un mot, pas le temps de s’ennuyer !

Cela a permis d’écrire quelques nouvelles pages dans le grand livre du ski de fond romand. Il faut surtout relever, l’excellent état d’esprit qui a animé les membres du Comité tout au long de ces années. La recherche de solutions susceptibles de promouvoir et de valoriser le ski de fond a toujours été prioritaire. Ainsi, ce très long mandat s’explique d’une part par cette vision partagée du ski de fond et d’autre part par l’ambiance conviviale qui a marqué toutes nos réunions.  

A l’heure du bilan, on peut se rappeler quelques apports mineurs ou majeurs qui ont façonné le ski de fond actuel. Il y a eu, entre autres :  

  • L’apparition du skating avec l’élargissement des pistes
  • Le passage à des engins de damage de plus en plus performants
  • L’uniformisation des plans des pistes et des panneaux d’orientation
  • L’uniformisation du matériel de balisage avec l’élaboration d’un catalogue
  • Le développement d’un site internet
  • Le passage de la couleur jaune à la couleur mint
  • L’arrivée des jalons plastiques
  • La mise à l’honneur des lieux-dits
  • La réhabilitation de la TJS
  • Les multiples campagnes de sensibilisation au respect des pistes    
  • L’arrivée des cartes numériques
  • L’intégration du ski de fond à SuisseMobile
  • La mise sur pieds d’un concours photos
  • La reconnaissance de membres méritants
  • L’organisation de journées promotionnelles


Quelques images souvenirs …

Le but n’est pas ici de s’attarder sur le passé mais de voir que la gestion d’une association conduit à des résultats concrets. Ces réalisations constituent un élément moteur et bonne une source de motivation.

 

Un livre se referme, un autre s’ouvre…

A l’heure du changement, je m’éloigne de RSF mais pas trop, et plutôt en douceur… En effet, le ski reste mon pain quotidien avec mon engagement au niveau du Musée du Ski. Mais surtout, alors que le grand livre RSF se referme, un autre s’est déjà ouvert. En effet, en juillet dernier, le directeur des Editions Château & Attinger, m’a contacté en me faisant la proposition d’écrire un livre en rapport avec l’histoire du ski. D’autre part, quelque temps auparavant, dans le cadre d’un Comité RSF, on avait ouvert la réflexion sur le futur 50ème anniversaire de notre association.

 

La curieuse coïncidence de ces deux événements, m’a interpelé. Il y avait là, un alignement de planètes favorable à leur rapprochement. De là, est née l’idée d’écrire un livre consacré à l’histoire du ski de fond, de ses origines lointaines à nos jours. L’objectif étant de retracer l’arrivée du ski en Suisse, de suivre son développement, de mettre en évidence son émergence dans un contexte largement dominé par le ski alpin. En fait, l’histoire du ski de fond, c’est une histoire riche et complexe. Pour beaucoup, c’est un mélange de souvenirs personnels éparpillés. Le défi consiste à retrouver les principales pièces de ce puzzle historico-sportif.  Il s’agit de voir comment, ce moyen de déplacement est devenu un sport de compétition puis également un sport de loisirs. Les recherches sont en cours. Les premières pages sont écrites et les premières illustrations sont trouvées mais il reste beaucoup à faire… L’idée est d’accorder une place privilégiée à l’épanouissement du ski de fond en Suisse romande.

Alors, si vous avez des documents intéressants relatifs au développement du ski de fond dans votre coin de pays, n’hésitez pas à me contacter rapidement. Selon le planning actuel, il me reste une petite année pour finaliser l’ouvrage. Si le timing est respecté, il devrait sortir en novembre 27 !    

 

Le temps des remerciements

En conclusion et en bref,  un grand et sincère merci à la grande famille du ski de fond, qui m’a permis de vivre, avec beaucoup de plaisir, une aventure passionnante, longue et intense.

 

Bravo à vous, vous avez su me motiver pour jouer les prolongations bien au-delà du temps réglementaire.   Vive le ski de fond !

 

 

Laurent Donzé/ Blonay/ le 9 mai 26

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